Un malentendu fréquent autour de la QVCT
Dans les métiers de l’hôtellerie, du thermalisme et de l’accueil, la QVCT est souvent associée à des notions positives : bienveillance, proximité, esprit d’équipe, solidarité.
Et à juste titre.
Mais sur le terrain, cette intention se heurte parfois à une réalité plus complexe :
👉 le glissement progressif entre coopération, exemplarité… et surcharge invisible.
Dans ces métiers, il est courant qu’un manager :
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renforce une équipe en tension;
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participe au ménage ou à l’accueil;
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absorbe une difficulté pour préserver la qualité de service.
Ce n’est ni anormal, ni critiquable en soi.
C’est même souvent perçu comme une marque de professionnalisme et de crédibilité.
Quand l’exemplarité devient une injonction silencieuse.
Le problème apparaît lorsque ces gestes ponctuels deviennent implicites, attendus, structurels. Quand l’exemplarité n’est plus un choix, mais une norme tacite. Dans ce cas, le manager ne soutient plus l’organisation :
👉 il en compense les failles.
Et cette compensation a un coût : fatigue physique et mentale, dilution du rôle managérial, difficulté à poser des limites, sentiment de responsabilité excessive.
Dans un contexte où les équipes sont déjà sollicitées, cette surcharge managériale passe souvent inaperçue… jusqu’à l’usure.
QVCT : ce qu’elle peut, et ne peut pas réparer.
La QVCT ne peut pas effacer la pénibilité intrinsèque de certains de nos métiers.
Elle ne peut pas non plus annuler les contraintes économiques ni transformer un sous-effectif chronique en projet collectif enthousiasmant.
Lorsqu’elle est mal pensée, elle peut même devenir un outil de déplacement de la charge :
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plus d’autonomie, mais -> sans moyens supplémentaires,
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plus de responsabilisation, mais -> sans protection,
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plus de sens, mais -> sans reconnaissance réelle.
👉 La QVCT n’est pas un supplément d’âme. (ou de bras !)
👉 C’est une question d’organisation du travail et de répartition des responsabilités.
Le vrai enjeu : reconnaître la difficulté du travail
Derrière ces tensions se cache une question plus profonde, souvent évitée.
Quel est notre rapport collectif à la difficulté du travail ?
Dans les métiers de service le travail est physique, émotionnellement exposé, rythmé par les contraintes horaires et saisonnières, et souvent sous-valorisé socialement. Demander aux individus de “tenir” sans adapter l’organisation revient à nier cette réalité.
👉 Le problème n’est donc pas que le travail soit difficile, mais plutôt que cette difficulté soit mal reconnue, mal organisée et mal partagée.
Repenser le rôle du manager dans les métiers de service :
❌Un management juste dans nos métiers ne consiste pas à Tout faire, à s’effacer ou porter seul la charge collective.
✔️ Il consiste à rendre le travail possible dans la durée, réussir à poser des limites claires entre l’exception et le structurel.
Il consiste, en plus d'organiser le travail pour qu’il soit soutenable et non pas héroïque, à protéger les équipes et soi-même de l’usure invisible.
👉 Un manager montre la voie, crée de la proximité… et reste un repère.
Ce que cette réflexion change concrètement ?
Pour les établissements, cela implique de se poser des questions parfois inconfortables :
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Quelles tâches compensent un manque d’organisation ?
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Quelles tensions reposent sur des personnes plutôt que sur des choix structurels ?
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Où la solidarité masque-t-elle un déséquilibre durable ?
Ces questions ne remettent pas en cause l’engagement des équipes, elles visent au contraire à le préserver.
Conclusion : Une QVCT adulte et responsable.
Dans l’hôtellerie, le thermalisme et l’accueil, la QVCT ne peut pas être un discours lisse ou une promesse abstraite. Elle doit devenir un outil de lucidité collective, capable de nommer les limites, les contraintes et les responsabilités réelles.
Construire une QVCT juste, ce n’est pas demander aux personnes d’être plus fortes, mais d'organiser le travail pour qu’il soit tenable, reconnu et humain, dans la durée.
La QVCT commence souvent par une prise de conscience.
Puis, elle se construit ensuite par des espaces de dialogue outillés, concrets et sécurisés.
Des dispositifs, comme le jeu QVT Radar qui vous sera présenté dans le prochain article, n’apportent pas de réponses toutes faites, mais vous permettra enfin de poser les bonnes questions, collectivement, sur le travail réel.
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Les prochains Rendez-vous Zen :
👉 Sur le Blog le lundi 23 février :
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🛎️ Prochain Podcast : E4-S4. Jeudi 26 février ...
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